1#Episode : Pilot Everything began with an orange juice..

♪ 1#Episode : Pilot                                                                                 Everything began with an orange juice..
Sommaire
Episode 1 = Help, I need somebody Help!
Episode 2 = You say you want a revolution, Well you know,
We all want to change the world
Episode 3 = It's been a hard day's night and i've been working like a dog.
Episode 4 = All the lonely people, where do the all come from ?
Episode 5 = Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band
Episode 6 =
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I was dreaming of the past and my heart was beating fast.

Croyez moi, la vie n'est pas sympa du tout, surtout la mienne.
Je suis Emma, j'ai 25 ans et toutes mes dents. J'habite dans un appart' classique mais très bien situé à Londres, dans le charmant quartier de Notting Hill. Je ne reviens même pas du fait que je l'ai acheté. Passons. Ma vie fut toujours parfaite jusqu'à ce que je sois renvoyée, hier matin. Il faut dire que faire bruler la robe de sa patronne n'arrange rien mais c'était un incident. Ok, je suis très maladroite. Mais ce n'est pas une raison pour en vouloir. Résultat : ma patronne est à l'hôpital, j'ai toute sa famille BCBG sur le dos et je n'ai plus de job. Je ne dis pas que travailler dans les assurances m'emballait mais c'était mieux que rien. Depuis hier, je passe ma journée à regarder la télé en mangeant des chips bon marché en compagnie de mon chien. Vous avez dit déprimant ? Heureusement que mes parents me donnent de l'argent. J'essaie de me séparer d'eux mais je n'y arrive pas tellement. Ben quoi, c'est toujours agréable qu'on vous paie tout non ? Enfin, me voilà sans occupation. De plus, je suis une célibataire née. J'ai été déçue par les hommes, et ce, depuis toujours. Attendez, je m'habille très bien, je sais cuisiner, faire le ménage et je ne ronfle pas. J'ai une superbe maison - entièrement payée par mon père - et un chien qui peut attaquer les bandits. Et puis, sans me vanter,j'ai un beau physique tout de même. Et non, les seuls qui sont intéressés par moi sont des ringards de 75 ans qui habitent dans la même maison de retraite que mes parents. Alors, non merci. Je veux trouver un homme,un vrai mais croyez moi, ce n'est pas aussi simple que dans les films, loin de là.

Aujourd'hui, j'ai prévu de faire le ménage, car là, on se croyait plus dans un souk marocain que dans une maison. Je dois absolument aller faire du shopping cet après-midi, c'est le seul moyen de retrouver un peu le moral. Devant la glace, je me regarde. Je suis en jogging, avec des savates et un vieux sweat de Cambridge. Forcément que je suis seule après tout. Mais, rien n'est désespéré. Je peux me trouver quelqu'un, juste pour rompre la monotonie. Je ne commande pas la robe de mariage tout de suite non plus.. Quoique..Mais non, je dois rester réaliste. Bon, bilan du frigo fait à l'instant même : un ½uf et un radis. Je ne vais pas aller loin avec ça. C'est vraiment déprimant. En plus de mourir vieille fille, je mourrais le ventre vide. C'est tellement triste ! Aller, je vais me ressaisir. Première étape, trouver quelque chose à me mettre...Abandonnons cette idée. Solution B : allez m'acheter le superbe sac que j'ai vu chez Acessorize la semaine dernière. Je me change brièvement, sors de chez moi quand je tombe nez à nez avec ma voisine, Mrs Bumbley. C'est une emmerdeuse. Elle passe ses journées à me raconter ses malheurs qui cela dit son largement moins importants que les miens. Elle m'agrippe, manquant de me faire tomber. Et puis, de sa voix rauque et désuète me dit :


- Mlle Bishop..Comment va la vie..?
J'hésite à lui dire que ça va très mal. Non, il ne faut pas lui donner sujet à discuter. Je n'ai pas envie de subir ses questions rhétoriques infernales durant le reste
de ma journée.

- Très bien..Ça se voit n'est ce pas ?
- Pas tellement..Vous êtes blanche comme la mort..
Toujours le mot qu'il faut..
- Euh peut être..Je suis désolée mais je vais devoir vous laisser, j'ai un rendez vous très urgent..
- Avec qui ?
- Vous ne le connaissez pas..
Et voilà, je suis dans le pétrin maintenant, elle va me poser une question, là tout de suite..
- Un homme ? Un petit ami ?
- Euh oui, on va dire ça..
- Vous avez de la chance..Vous savez, James m'a laissé depuis 30 ans déjà...
- Ah oui..Il est mort de quoi déjà..
Que suis-je bête !!! Pourquoi je continue cette conversation qui n'a aucun intérêt ?
- Il a été victime d'un assassinat..
- Vous m'avez dit l'autre jour qu'il avait eu une crise cardiaque..
- Peut être..Mais vous savez, si on n'avait pas eut notre chat, tout cela ne serait pas arrivé
..Bon sang, qu'est ce qu'elle raconte ???? Elle est vraiment folle alors. J'essaie d'abréger :
- D'accord. Bon, je vous laisse, prenez soin de vous !
- Vous aussi, vous auriez besoin de soleil. Dites moi, vous ne comptez pas aller voir votre copain en tongues..
Quelle commère celle là !
- A vrai dire, les tongues, ça l'excite ! Bon, Aurevoir
Quelle excuse débile. Enfin, c'est mieux que rien. Au moins je suis débarrassé de la vieille. Quel soulagement. Je me sens tellement libre tout d'un coup.

Une fois chez Acessorize, le sac en main, je vais à la caisse. Un vendeur charmant me fait payer. Il est plutôt attirant mais j'ai le pressentiment qu'il n'est pas trop branché " femme ". Ca m'arrive toujours ce genre de truc. J'ai pris un abonnement, on dirait. Et là, la catastrophe de la journée. J'avais complétement oublié de regarder le prix du sac.. Et là, il me demande 100£. Je ne peux m'empêcher de pousser un grand " OHH ! " Depuis quand les prix sont aussi élevés dans ce magasin. Dois je prendre ce sac brodé dont j'ai toujours rêvé ? Non, je ne peux pas. J'ai des économies, certes, mais une fois que je suis lancée, impossible de m'arrêter. Je lui dis gentiment que je ne prendrais pas le sac, du moins pas aujourd'hui. Je me rabats sur un petit serre tête à 2£. Le vendeur me fait un sourire narquois, il a dû comprendre. Et ho, moi je ne travaille pas dans une boutique faite pour le sexe opposé, moi ! Il faut bien trouver quelque chose pour le critiquer. Une fois sortie, je passe chez starbucks. Il y a un monde fou, des touristes japanais photographient les machines à cafés en poussant des hurlements d'extases. Ils n'ont pas de cafés chez eux ou quoi ? J'abandonne l'option cappucino pour m'offrir un jus d'orange pressé dans la boutique d'à côté. Une fois sortie, je commence à marcher vite, très vite. Je dois absolument aller chez Topshop avant la fermeture. Le jus d'orange que je n'ai pas entamé est secoué dans tous les sens. Et là une seconde catastrophe arrive. Je me cogne à quelqu'un. Sous le choc, le jus d'orange est propulsé à la figure de l'inconnu. Je me recule, en marmonnant des milliards d'excuses. L'inconnu s'avère...comment vous dire..Il était tout simplement parfait. Les yeux bleus, les cheveux bruns pas très bien coiffés ce qui donnait le look " je m'en foutisme de première " - dieu que j'aime ça - et habilé avec goût. Voilà, j'ai renversé mon jus d'orange sur le prince charmant. Je lui fais un sourire désolé, maladroit comme pas possible. Il hausse les épaules, comme pour me dire que ce n'est pas grave. Mais, ça l'est après tout ! Il sourit de toutes ses dents et me regarde de la tête au pied. Pas de chance, j'ai mes affreuses tongues et je ne suis même pas maquillée. Pourquoi ce genre de situation n'arrive qu'à moi ? Je suis vraiment la Reine de la malchance. Je pourrais remporter un trophée pour ça. Passer à la télé, paraitre dans le livre des records. Ça me semble totalement crédible. Bref, on est restés à se dévisager, et j'ai sentis une attirance plutôt forte entre nous. Pas de l'amour, juste une alchimie. J'étais devenue rouge comme une tomate, comme d'habitude. Espérant sauver la situation, je dis :
- Je suis tellement désolée...Olala..C'est catastrophique..Je vous paierais, TOUT. Le pressing, la chemise si vous voulez..Un café ?
- Un café me semble tout à fait intéressant.
Je souris intérieurement. La vie est belle, à cet instant. Mais avec moi, ça ne dure jamais. Mais positivons ! Nous allons dans un petit café sans prétention, en apparence. Une serveuse nous apporte la carte, elle se permet même de faire un clin d'½il à ma proie. J'ai de la concurrence. Et cette fille est hyper mignonne..Moi je suis..Pas à mon avantage aujourd'hui. Mais prince charmant veut prendre un café avec moi. Et ça, ça n'a vraiment pas de prix. Et là, il me regarde de son regard tellement bleu et profond, comme si il lisait en moi..Et soudain, il me posa LA question qui va forcément tout gâcher :
- Que faites vous dans la vie ?
Oh Mon Dieu. Je le savais. Alors, qu'est ce que je fais dans la vie ? Je glande, je mange, je dors et je nourris mon chien. J'ai bien résumé. Bon, il reste l'option mensonge. Je suis très bonne
comédienne - il faut dire que j'ai eu le temps de m'exercer dans ma jeunesse -, alors, je tente. Il faut trouver un métier très glamour, intellectuel et amusant. Mon imagination réduite ne m'aide pas.
Je dis, à tout hasard :

- Et bien, je suis... écrivain..
Et merde. Pourquoi j'ai sortis ça ? Il me sourit, de toutes ces dents. Et quelles dents !
- Vraiment ? Ca tombe très bien, je suis libraire.
Quelle belle coincidence...Je suis vraiment dans le pétrin.
- Ah, vous avez une librairie ?
- Oui, à Notting Hill..
- C'est là où j'habite !
- vraiment ? Vos livres doivent vous rapporter beaucoup d'argent pour que vous puissiez vivre là !
- Euh, oui, assez..
- Qu'avez vous écrit ?
Et voilà, je le savais. Mes talents de médium infaillibles l'avait prédit. Vite Emmy, invente un truc, n'importe quoi mais IMPROVISE
- En faite, j'écris des romans à l'eau de rose pour adolescentes. C'est vraiment pas top. Mais ça se vent bien..
- Vous devez être une grande romantique..
Non, non. Ca, c'est un tue l'amour pour les hommes. Je ne dois pas passer pour la blanche neige de service, Non !
- Ah non, pas du tout. Je me force, tant bien que mal !
- Je vois..Au fait, je suis William Mc.Feller
- Emma Bishop. Enchantée
- Alors Emma, pardonnez ma question mais, êtes vous célibataire ?
J'ai envie de lui crier... MAIS CA SE VOIT NON ? AVEC MON SAC RIQUIQUI ACESSORIZE UNIQUEMENT REMPLI D'UN MALHEUREUX SERRE TETE A 2£, MES TONGES NULLISSIMES ET MES CHEVEUX DE TIGRESSE SORTIE DU ZOO DU COIN !!
- Euh..Oui..En faite, mon fiancé m'a quitté, pour une collègue de bureau..On allait se marier..
Ceci est totalement faux. Il faut bien trouver une raison qui expliquerait mon célibat.
- vous avez de l'expérience donc..
- Je suppose, oui..Et vous, vous êtes célibataire ?
- Oui. Les filles ne s'intéressent jamais à moi..
Et là, je me dis " Mais, les filles sont DEBILES. Cet homme est une bombe sexuelle inter galactique !! Ouvrez les yeux mes chéries ! " Enfin tant mieux, il est libre au moins.
- Je vous rassure, c'est pareil pour moi.
- Nous sommes de rejetés de l'amour...
- Oui, c'est vrai. Mais bon, les rejetés de l'amour sont nombreux, on peut se trouver un autre pour nous..
Il ne me répondit pas..L'avais-je vexé ? Apparemment non.. Il commença à me faire du pied, sous la table. J'étais un peu surprise. Il passa sa main sous la table pour me caresser les jambes. Il ne perdait pas son temps dis donc. Mais il finit par s'aventurer un peu trop loin, alors je reculais brusquement ma chaise. J'inventais que j'avais une grande envie d'aller au toilettes. Là bas, je me demandais ce qui clochait chez moi. Le libraire canon me faisait du pieds et des caresses coquines sous la table, en public. J'ai vécut un de mes fantasmes mais pourtant, je n'avais vraiment pas envie que cela se prolonge plus loin. Vraiment pas. Il devait être un obsédé sexuel ou quelque chose du genre. Ce n'était pas mon truc. Voilà pourquoi il devait ne pas aimer les romantiques. Il n'avait pas de sentiments, il passait toujours à l'étape supérieure. Et puis, finalement, au lieu de revenir à la table, je rentrais chez moi, le lassant payer la note et sans un aurevoir. Comme toujours, je me laisser berner. Mais, c'était décidé, cela allait changer.

© Texte by me
Photo livejournal } Credit to the creator

# Postato giovedì 05 giugno 2008 14:54

Modificato venerdì 15 agosto 2008 05:35

2#Episode 1: Help! I need somebody Help !

♪  2#Episode 1:  Help! I need somebody Help !
Après avoir dormi toute la journée d'hier, je me sens bien mieux. Quand je me lève, j'ai soudain un éclair de lucidité : je suis au chômage. Avant, je détestais ce mot, et jamais je n'aurai imaginé que j'en serai victime. Toute ma vie, j'ai toujours tout eu, et voilà que je suis sans emploi. Tout le monde me comparait, dans le temps, à la désormais très célèbre Bridget Jones. Mais, je ne vois pas la ressemblance. Comme elle, je suis célibataire. Mais, elle a un emploi, un patron utltra brillant et sexy incarné par Hugh et elle est très marrante. Tout le monde l'adore. Moi, c'est différent... Enfin, je suis Emma Bishop et c'est déjà pas mal. Pourquoi je rapporte tout aux autres ? La seule personne qui compte, maintenant, c'est moi. Je dois commencer ma nouvelle vie, avoir un job d'enfer et un petit ami aimant avec option prince charmant. Pour l'emploi, je n'ai pas spécialement de qualifications. J'ai eu mon BAC avec mention très bien et j'ai vécut 2 ans en France. Je suis bilingue et j'ai une super méga mention. Pendant 3 ans j'ai travaillé dans cette compagnie d'assurance..En fait, je ne suis pas aussi brillante que disent mes parents. C'est vrai, je n'ai pas fait 7 ans d'université, je ne suis pas allée à Cambridge et je n'ai pas lu les ½uvres complètes de Marcel Proust. Non pas que mon niveau intellectuel laisse à désirer mais c'est vrai qu'un peu de culture me ferait le plus grand bien. Mais, il faut savoir qu'à Londres, tout le monde a emploi. Je suis l'exception qui confirme la règle. Mais, comment passer sa vie au chômage aux filets de ses parents encore plus longtemps ? Forcément que je suis célibataire. Aucun homme sur terre n'a envie d'une copine qui vit encore avec les sous de ses parents. Je dois prendre mon indépendance et cesser d'être " La p'tit Emmy à sa maman ".

Une fois habillée correctement, je décide d'aller postuler dans un magasin. J'aime les magasins, surtout les magasins de chaussures. Ah, vous ne le saviez pas..Mon maigre budget passe en chaussures, c'est mon pêché mignon. Actuellement je dois en avoir une cinquantaine de paires. Et ce n'est pas encore suffisant, il me semble ! Pour aller postuler, je me suis habillée plus ou moins correctement, d'une jolie robe noire légèrement pailletées avec des leggins de la même couleur. J'ai mis des chaussures compensées vraiment jolies pour passer pour la fille totalement chic qui vit à Notting Hill. Il y a du vrai. Mais pas que. J'entre dans une des boutiques que je préfère : entièrement en bois ciré, on y vend des chaussures de toutes le formes et de toutes les marques. Tout le monde raffole de cette boutique, et moi la première. Je m'avance vers la caisse et demande si ils cherchent une vendeuse. Le vendeur auquel je fais face me dévisage, haussant les sourcils d'un air incroyablement snob. Il a l'air de me prendre pour une ringarde de première. J'en ai l'air ? Il ne m'adresse pas un mot et finit par me dire ;
- Non, pas ici. On recrute des gens de haute qualité
- J'en fais partie !
- Apparemment non..Merci, aurevoir madame !
Il m'a appelé MADAME. Ais-je l'air mariée ? Et puis, il me jette comme un vieux sac poubelle, adorable les gens ici. Il y a d'autres boutiques, mon cas n'est pas désespéré. J'entre dans une autre échoppe, beaucoup plus simple où l'on vend principalement des nus pieds qui vous font des allures de déesses et des mules ravissantes. Une vendeuse souriante vient à moi. Elle n'a pas l'air en quête de vendeuse, elle doit sûrement penser que je veux acheter une paire. Aussitôt, je lui explique ma raison de ma venue. Elle me fait un sourire désolé : il n'accepte que des vendeuses au bac + 5. C'est du délire ! Depuis quand doit on être diplômée à souhait pour faire un job aussi simple ? Ça m'échappe, je vous l'avoue. Mais finalement, la vendeuse me donne une autre adresse. Je m'y rends en quelques minutes et là, je tombe à la renverse. Me voici devant un magasin art déco, absolument somptueux. Sur la vitrine, est indiqué " Plus de mille paires de chaussures, sur 3 étages " Mon rêve est devenu réalité. Ce magasin est un peu comme le temple de la chaussure, le mausolée construit en l'honneur du Dieu suprême de la mode féminine. Je vais défaillir. Soudain, l'inévitable réalité me tombe dessus : je ne vais pas acheter des chaussures, seulement les vendre. Il n'empêche que les vendeuses bénéficient toujours de réductions, c'est un avantage non négligeable. Oh Mon Dieu. Je vais passer mes journées à ranger des talons aiguilles et des escarpins sublimes. Et j'en mettrais de côté pour
moi, ça compte quand même. Soudain, je suis joyeuse, épanouie, tout simplement géniale. Dotée d'une assurance qui résistera à tout épreuve, j'entre. Et aussitôt, mes yeux émerveillés se posent sur les paires.
Il y en a partout, le magasin est énorme. Des chaussures à perte de vue. Parfois, vos rêves se réalisent, et là, je suis en plein dedans. Sur un petit nuage. Bon, cela dit, les rêves d'Emma Bishop ne durent jamais - ça serait un bon titre de livre ça, tout le monde liraient mes malheurs, ça serait un récit plutôt comique j'imagine. c'est loin de l'être -, tout le monde le sait. Je me dirige vers le bureau du directeur. Doucement, j'ouvre la porte et j'entre. C'est une directrice. Pas étonnant, c'est un magasin féminin, c'est le moins qu'on puisse dire. Cette femme a l'air plutôt sévère avec ses lunettes carrées noires et sa jupe bien coupée. Elle a même un petit chignon qui retient ses cheveux blonds délavés. Pourquoi les femme persistent à se faire des chignons ? C'est vraiment faire insulte à notre sexe que de se faire une coiffure comme ça. Mais, je me tais, il ne manquerait plus que je critique sa coiffure...En même temps, étant donné que je suis la reine des gaffes il serait fort possible que cela m'échappe de la bouche. Mais non, je vais me contrôler, il le faut bien. La femme me regarde et me demande, d'un ton sec avec un accent Russe :

- Qu'est ce que vous voulez ?
- Bonjour déjà. Euh oui, je voudrais travailler en tant que vendeuse ici. J'ai imprimé mon C.V, tenez..
Elle me regarde, d'un air indigné. Qu'est ce qu'il se passe ? Ais-je un bouton énorme sur le nez ou une chaussure au talon cassé ? Finalement, elle tente de me sourire, mais le résultat est fort décevant. La directrice a un sourire forcé, des dents jaunies par la cigarettes et des rides autour de la bouche. Bon, j'essaie de ne pas me concentrer sur son visage étrange. Elle finit par dire :
- D'accord, et bien, installez vous, nous allons en parler.
Que je m'installe ? Sur cette vieille chaise sortie tout droit des poubelles ? Non merci. Je me garde tout de même de lui faire remarquer que mes fesses méritent un peu plus de respect. Sinon, elle pensera que je suis folle. Or je n'ai pas envie de passer à côté de ce lieu extraordinaire. Elle regarde mon C.V, l'air distrait, comme si elle lisait une publicité. Au bout d'une trentaine de secondes, elle a fini. Je ne savais pas que ce foutu C.V était aussi court. Alors, la femme revêche me dit :
- Quelles sont vos motivations ?
- Et bien, je suis une passionnée de mode et de chaussures. J'aime les contact humains, conseiller..
- D'accord..Quelles exigences avez vous niveau salaire ?
Question piège. Attention, Emma Bishop va faire la gaffe du siècle. Non, je dois me contenter d'être naturelle, d'être moi..Non, au contraire, je dois être tout sauf moi ! Alors, en souriant je lui réponds :
- Un salaire raisonnable..Je suis une grande dépensière vous savez et puis comme je suis très maladroite je re-achette toujours tout car je casse tout, vous voyez ?
Elle me fixe d'un air machiavélique. Et là, je me rend compte de ma bourde intergalactique. Je viens de lui dire que j'étais maladroite et que je cassais tout. D'un certain côté, j'ai été très franche, mais de l'autre..Je suis débile. Pourquoi je gâche toujours tout ? Mon naturel de calimity jane reprend toujours le dessus, c'est ça le problème. La directrice ne voudra plus de moi. Je ne veux même plus croiser son regard. En une phrase, j'ai gâché toutes mes chances d'être prêtresse dans ce temple. Je suis fichue. Pourtant, elle continue à me parler :
- Non je ne vois pas..Mais je vous rassure, moi aussi je suis très maladroite, on m'a toujours surnommée Calimity Jane
J'ai envie de lui crier " Alleluia " à la figure, mais cette fois ci je retiens mes pulsions destructrices de maladresse. Soulagée, je lui dis aussitôt:
- MOI AUSSI ! Ça m'a toujours beaucoup énervé !
- Cela nous fait des points communs Mlle Bishop
Elle m'a appelé Mademoiselle. C'est un signe, un Grand signe. On traite toujours bien ses semblables. Moi et ma (future) patronne sommes pareilles. Je vais bientôt pouvoir frimer avec ça. Soudain, elle me sort de ma rêverie :
- Bon, je n'ai qu'à vous dire..BIENVENUE ! Vous êtes engagée !
Je n'y crois pas. Pour la première fois de ma triste existence, ma maladresse m'a servit. J'ai envie de chanter sous la pluie, de danser sur le bureau de la patronne, de me rouler dans le caniveau. Mais, je me garde bien de ces potentielles catastrophes pour serrer vigoureusement la main de ma directrice, en lui adressant un sourire radieux. Aussitôt, elle me fait retomber de mon petit nuage :
- Vous allez commencer par faire essayer les chaussures, sans conseiller qui que ce soit. Ce sera Céline, votre assistance et supérieure qui conseillera.
Tout de suite, mon égo est descendu au plus bas. Faire essayer les chaussures ? Cela veut bien dire mettre sur des pieds pleins de verrues et de corps, des chaussures magnifiques ? Autant dire que je suis déçue. Mais la nouvelle Emma Bishop n'a pas peur de l'adversité. Je suis prête à affronter tous ces pieds et toutes ces jambes. Cela s'annonce..mouvementé.


Première journée de travail : j'arrive tout excitée dans la boutique. Je me suis bien habillée pour l'occasion. Pendant dix minutes je me regarde dans un des miroirs : je porte un adorable chemiser Kenzo fleuri qui vient tout droit de Paris avec un bon vieux levis bleu et des espadrilles rouge tomate pour me sentir bien. Comme ça, tout le monde me prendra pour une fille très branchée et sophistiquée. Ce n'est pas le cas mais autant conserver l'illusion. Il faut toujours faire " genre " sinon vous n'arrivez à rien dans la vie. Les premières clientes arrivent. J'ai envie de les prendre par la main, de leur donner une paire et de leur faire de grands sourires radieux. Une s'approche de moi. Mère de famille, la quarantaine, elle a un enfant sous le bras - le pauvre il doit pas être dans un position confortable là ! - et porte des vieilles basket bon marché. Elle a l'air gentille mais pas très connaisseuse en mode. Je fixe ses chaussures : ma directrice - oui MA directrice - m'a apprit que l'on doit toujours regarder les chaussures de clients. Un peu comme un coiffeur qui regarde les cheveux de ses futures victime. En regardant donc cette femme, je la catalogue dans " La mère de famille qui a besoin d'une jolie paire de chaussure quand son mari l'invite au restaurant, une fois par mois -. Mais soudain, un éclair foudroyant de réalité me transperce : je ne peux pas conseiller. La femme s'approche de moi, son enfant pleure sous son bras. Pas étonnant. Elle veut apparemment des conseils. Or, je n'ai pas le droit d'en donner. C'est la fameuse Céline qui doit s'en occuper. Où est elle d'ailleurs ? Je me dirige à grand pas dans la salle du personnel, en faisant tomber une bonne dizaine de paires sous mon passage : je pense que je subis une malédiction. Mais je n'y prête pas attention, du moins maintenant, car il faudra bien que je règle ce problème un jour ou l'autre. La Céline en question est dans la salle où je viens d'entrer : elle a enlevé ses chaussures et se fait les ongles. Où donc se croit elle ? C'est pas le Club Med ici. J'essaie de ne pas m'énerver. Ma supérieure hiérarchique est donc une feignante de première qui se fait les ongles. Je n'ai pas finit de galérer. Elle m'adresse un regard désinvolte, comme pour dire " Qu'est ce qu'elle veut celle là ". Puis, elle se lève et met ses sandales dorées. Elles sont magnifiques. Mais je ne dois pas lui laisser entendre que j'aime ses goûts. Elle est une concurrente à mes yeux, pas une amie. Sans me dire un mot, elle sort de la salle en marchant comme une mannequin. Enfin marcher est un euphémisme : elle fait plutôt un course. Je suis obligée de courir derrière elle pour ne pas trop trainer. Une fois au niveau de la cliente potentielle que j'avais repérée, Céline commence à lui parler. Elle lui dit, d'une voix rauque - la voix de la fumeuse, c'est sûr :
- Bonjour, que puis je pour vous ?
- Je cherche une paire de chaussure assez habillée pour sortir
Mon flair infaillible avait raison. C'est surement un pouvoir, un pouvoir de super-héro avec lequel je pourrais sauver le monde. Enfin non, savoir quelles chaussures va bien à qui n'aidera personne.
- D'accord. Je vous propose ces escarpins noirs
La cliente acquiesce. Céline se tourne vers moi et m'aboie dessus :
- Vite machin chouette, mets lui les chaussures !
Je rêve ou elle m'a appelé " Machin chouette " ? J'éclate de rire. Mais cela ne l'amuse pas autant que moi. Essayant de garder mon sérieux, j'enlève les baskets de notre cliente ainsi que ses chaussettes. Tout cela me répugne. Mais j'essaie de montrer mon professionnalisme. J'enfile les escarpins à ses pieds puis me relève. La ménagère regarde ses pieds dans la glace et hésite à les prendre. J'ai envie de lui hurler : " Ton mari se fiche de tes chaussures chéries, ce n'est pas ça qui l'intéresse alors prends celle là, elles sont en soldes " Mais, j'évite de lui dire, ça serait un peu déplacé. Et je n'ai pas envie de me renvoyer dès le premier jour. Finalement, elle les prend et part payer. Un soulagement. Ma première cliente n'a pas été indécise. Alors, je regarde Céline et lui dit :
- Je suis Emma Bishop
- Super..Tu m'apprends un truc phénoménal là chérie
Elle pue la cigarette quand elle me parle. De plus elle est loin d'être aimable. J'ai vraiment envie de lui mettre un talon aiguille dans l'½il mais mes pulsions meurtrières sont contrôlées par l'arrivée d'une nouvelle cliente. Jeune fille, d'une vingtaine d'années, fraiche et sympathique d'apparence, elle porte des converses noires neuves. A mon avis, elle a grand besoin de sandales. Aussitôt Céline lui adresse un sourire hypocrite et lui propose des basket. Quel erreur ! Cette fille n'a pas besoin de basket, elle en a déjà. Aussitôt elle fait la moue. Céline lui propose alors des sandales en cuir vernies absolument divines. Voilà qui est mieux. La cliente se sent revivre et moi aussi. Je n'ai aucune envie de faire essayer des basket basiques à quelqu'un. Alors sans même avoir eut droit au regard de doberman de Céline, j'enfile les sandales à notre cliente. Elle marche un peu avec et apparemment elle les aime bien. Seulement, elle trouve qu'elles ne sont pas assez larges. Puis, suit des dizaines d'essayages. Je suis lessivée. Elle n'arrive pas à choisir. Céline râle et observe ses ongles tandis que j'essaie de rester calme face à un mollusque et à une ado' attardée. Vous savez aussi que je suis la reine de la malchance ? Oui, pendant 1 heure on lui a fait essayer des chaussures et au final elle n'a rien prit. Ma collaboratrice peste contre moi, elle dit que je suis trop lente à faire enfiler des chaussures. J'ai envie de lui dire qu'elle est la plus lente des deux à vouloir faire essayer des baskets de grand black d'un mètre quatre vingt à une jeune femme de 20 ans et d'un mètre 60. Mais je n'ai pas envie de polémiquer avec cette petite pimbêche. Pas du tout. Ma journée se finit à 19h et je suis fatiguée comme jamais. J'ai des crampes aux mains à cause de tous les gestes répétés que j'ai accompli. Et j'ai une grande envie de chocolat. Quand je m'apprête à croquer mon lind d'or habituel, le téléphone sonne. Cela doit soit être mon banquier pour dire que j'ai à présent un découvert, soit ma mère pour se plaindre me père ( ou l'inverse) ou bien malheureusement une personne qui a besoin d'un service du genre " Tu peux me faire des réduc' dans ton magasin " -comme si c'était mon magasin d'ailleurs. Mais, c'est finalement ma meilleure amie, Lizzie. Qu'est ce qu'elle veut au juste ? Je l'adore mais dans mon moment d'échange intense entre mon chocolat et ma petite personne je n'éprouve pas le besoin de lui parler. Elle pousse un mot qui me perce les tympans :
- Allooooooooo ?
- Lizzie !
- Emmy ! Ca va ma puce ?
- Ouais, je vais très bien et toi ?
- Je te dirais même que la vie est PARFAITE. J'ai eu une prime de 1000£
Pourquoi ça n'arrive qu'à elle, ça ?
- Super bien pour toi Lizzie! Je suis très contente.
Je m'aime quand je mens. C'est un art où j'excelle.
- Alors, ton nouveau job ?
Dois-je lui mentir pour la rendre jalouse ? Ou tout simplement lui dire la vérité ? Mais j'en ai marre de passer pour une nulle, pour la dernière à avoir le dernier portable high-tech ou la dernière en cours de gym depuis la maternelle. Alors, je ne vois d'autre solution que de lui dire:
- C'est EXTRAORDINAIRE. Ma patronne est adorable, mon associée est charmante et j'ai 3 heures de temps libre minimum par journée ainsi que des tonnes d'avantage sur les chaussures. Les clients sont adorables et on est jamais débordée. Je m'amuse comme une folle..
Quand je me rends compte de ce que je viens de lui dire, je me demande si ma crédibilité est passé au stable - 600 ou si ma Lizzie sera assez naïve pour y croire. Espérons que la deuxième solution se réalisera.
- Ah bon ? Je n'imaginais pas ça de toi..Tu es tellement pessimiste et taciturne..
Merci beaucoup ! A quoi ça sert d'avoir des amis, finalement ?
- Et bien, détrompe toi, ce boulot m'a changé à jamais. Maintenant je suis une nouvelle femme.
- Tant mieux. Je passe te voir demain !
- Ok, viens à la maison à 20h !
- Ah non, tu ne m'as pas comprise, je voulais dire, à la boutique!
Et là, la catastrophe est arrivée. L'alarme enclenchée, les gilets par balles et les toboggans de sécurité sont activés, le masque à oxygène me tombe sous le nez. Et voilà, comment vais je me sortir de ça ? COMMENT ? Demain, Lizzie découvrira mon job, mon associé qui mache du chewing gum comme une vache et que mon travail consiste à faire enfiler des chaussures à des filles au bord du gouffre dans la catégorie " je n'ai pas de style ". Une fois de plus, j'ai besoin de mes pouvoirs ou d'une intervention divine. Ou plus simplement de mon unique talent : le mensonge.
- Ah, c'est dommage mais je ne travaille pas demain !
- Alors, après demain !
Elle est repartie. Mon Dieu, s'il vous plait, faites quelque chose. Bon, d'accord, je vais m'en sortir, seule. Mon unique talent ne marche plus. Je dois affronter l'horrible vérité : après demain, Lizzie viendra dans la boutique. Je lui avouerai tout. Oh et puis non ! Je ne vais pas avouer, je ne suis pas du genre à abdiquer aussi facilement. Je vais tout simplement faire comme si tout allait bien au boulot, copiner avec Céline et parler avec les clients. Je volerais en douce une paire de chaussure pour Lizzie et ferait comme si je lui avais payé. Soudain, je suis convaincue que je vais réussir. Mais n'oublions pas que les prédiction d'Emmy Bishop ne se réalise que très rarement. Espérons que la chance me sourira - elle ne me sourit jamais, ça me changera sûrement.

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# Postato venerdì 06 giugno 2008 14:47

Modificato venerdì 06 giugno 2008 15:37

3#Episode 2: You say you want a revolution, Well you know, We all want to change the world

♪  3#Episode 2:  You say you want a revolution, Well you know, We all want to change the world
Le lendemain, je suis déjà beaucoup moins enjouée à l'idée d'aller travailler. J'ai un objectif : devenir amie avec Céline. Je sais bien que cela ne sera pas chose facile et qu'elle va forcément m'envoyer valser mais la nouvelle Emmy est une guerrière, une courageuse qui se bat pour ce qu'elle veut. Une fois au magasin, je décide de trouver des sujets communs avec Cé' : pour l'instant je sais qu'elle aime se faire les ongles des pieds avant de travailler. Qu'à cela ne tienne ! Je suis venue exprès en avance munie d'un vernis à ongle nacré et de ma lime aux pouvoirs surnaturels - bon ok, c'est une lime vraiment ordinaire, mais laissez moi rêver -. Dès que j'entre dans la salle, je la trouve plongée dans une lecture de journal people tandis que ses ongles riquiqui sèchent péniblement. Je m'installe à ses côtés, enlève mes chaussures et commence à appliquer le vernis. Elle me regarde comme si je venais de commettre un meurtre. Ou comme si elle ne me connaissait pas. J'ai rarement vu plus hypocrite. Vu qu'elle me regarde, la bouche en O, je me permets de dire :
- Alors, ça va bien Célinette ?
Pourquoi ais-je sorti ce surnom stupide ? Là, je comprends pourquoi elle va me mépriser
- Mal. T'es qui ?.
J'hallucine. Elle ne sait même pas qui je suis. Soit elle a subit un lavage de cerveau soit elle est stupide. La deuxième proposition me semble très plausible
- Emmy BISHOP. TA COLLÈGUE! Tu te souviens hier ?
- Ah ouais, t'es la fille nullissime qui fait tout tomber sur son passage ?.
Il y a du vrai là dedans. C'est vrai que je suis la maladresse même, mais je ne suis pas nulle, dumoins pas autant qu'elle.
- Ouais, on va dire ça. Qu'est ce que raconte ton magazine ? Des petites news croustillantes ?.
- C'est pas de ton niveau, désolé..
De mon niveau ? En même temps, c'est vrai, je ne lis que très peu ce genre de magasine car je ne suis pas aussi..Enfin, laissons tomber
- Ça c'est sûr, le mien est largement supérieur..
Elle n'a même pas entendu. Heureusement. Je n'ai pas envie que son copain - si elle en a un - le rockeur de service viennent me casser la figure à la fin de la journée. Céline est vraiment du genre à sortir avec de vieux rockeurs shootés à l'héroïne qui veulent taper tout le monde et qui ne savent même pas jouer de leur propre guitare. Je suis tentée de lui poser une question essentielle:
- T'aimes quoi comme musique ?
- Ben, j'aime la techno et que ça.
Tu sais quoi ma petite Céline ? On risque de ne pas avoir de points communs, mais alors pas du tout.
- Ah cool ! Moi j'aime les Stones & les Beatles, classique quoi ! Quand on est Anglais, on écoute la musique de son pays !
Ça ne la fait même pas rire. Elle me dit, sèchement :
-- Tu sais, je m'en fiche de ce que t'écoutes. Et puis laisse tomber, les Stones sont Irlandais.
Alors là, je vais la gifler. Les Stones, irlandais ? Et ben pourquoi pas dire que Elton John est marocain et que Michael Jackson est japonais. Non mais, elle ne connait rien à la musique de notre pays. Elle ne connait rien tout court.
- Euh nan mademoiselle je sais tout, ils sont ANGLAIS.
- Ouais, ben Anglais, Irlandais, Américains, français, on est tous pareils
J'ai une grande envie de lui lancer mon vernis dans la tronche et d'étaler le liquide dans ses cheveux. Elle m'horripile. Non, je ne peux pas sympathiser avec elle, c'est trop dur pour moi. J'essaie d'être gentille et elle pense qu'elle conait mieux la musique d'ici que moi. Il faudrait juste qu'elle accepte son ignorance.
- Si ça te fait plaisir. Je vais..partir..A tout à l'heure
- Mouais, Adieu !
Vous savez, il y a des jours où mon self control me surprend. Je suis d'un calme olympien quand on y pense. Enfin, en apparence car en moi, j'ai envie de ma jeter au fond d'un puits, comme ça on en parlera plus.
Les clientes arrivent et je me demande comment je vais survivre avec la barbie qui me sert de supérieure. Celle-ci arrive et m'hurle dessus:

- Emmon, va chercher les chaussures pour la dame !
Comment, m'a t'elle appelée " Emmon " ? Soudain, je n'en peux plus. Mes nerfs lâchent. Je deviens rouge et je vais chercher sa chaussure. Quand je reviens vers elle, j'ai tout simplement envie de la tuer. Elle m'embête depuis mon arrivée : je comprends pourquoi il n'y avait plus de vendeuses, elles se sont enfuies à toutes jambes. Et là, poussée par le démon de la chaussure, je lui en envoie une en pleine tête en lui hurlant :
- Je m'appelle EMMA pétasse !
Tout le monde se retourne vers moi. Céline pleurs de douleur - comme si elle avait mal -. Et soudain je me rends compte que je vais me faire virée, d'une minute à l'autre. Ma patronne arrive en courant et là, je n'ai même pas besoin qu'elle me parle pour comprendre que je ne fais plus partie du magasin. Mais, avant de partir, prise dans un élan de" cap ou pas cap ", j'ai une idée qui me vengera de Céline. Alors que je m'apprête à partir, je cours vers elle et baisse sa jupe en 1 seconde. Elle commence à pleurer, comme une enfant. Après réflexion, ce n'était pas très gentil ce que j'ai fait. Elle a été regardée de tout le monde de la magasin, en plus elle avait une culotte WINNIE L'OURSON ( Oui, je ne plaisante pas, une culotte WINNIE L'OURSON) Mais en faite, je suis fière de mon tact. J'ai franchi une étape. Mais..je suis virée. On s'y habitue.

Et voilà que tout recommençait. De nouvelles galères. J'avais quand même touché un peu d'argent pour mon maigre travail alors j'achetais des Wayfarer pour me remonter un peu le moral. Oui les ray-ban sont un excellent moyen de retrouver le sourire. Mais après cet achat, l'éternelle question se pose à moi : tu es au chômage Emmy, comment vas-tu t'en sortir ? Cette fois-ci, je dois viser un peu plus haut que vendeuse. Mais, vu mes faibles compétences, je ne vais pas devenir avocate ou médecin du jour au lendemain. Je décide alors de regarder sur internet, ce qu'ils proposent. Et là, une solution simple me vient, un métier où on n'a pas besoin de diplôme : nounou. Oui, c'est risible car normalement c'est un petit job mais pour moi, c'est tout à fait ce qu'il me faut. Les enfants m'adorent, enfin parfois. Je serais payée pour les coucher, leur faire réchauffer des plats et regarder la télé avec eux. Tout ça me parait parfait. Je viens de trouver un site où on trouve une tonne d'annonce dans ce genre. Il y a une annonce à Notting Hill " Recherche nounou 4 soirs par semaine pour garder enfants de 3 et 7 ans, à Notting Hill " Mais c'est parfait ! Aussitôt, je compose le numéro de téléphone. Un homme plutôt jeune me répond, je lui explique la situation et mes compétences. Il a l'air d'approuver ma requête et me donne un rendez vous pour que nous puissions parler de ce job. Maintenant, il me reste à trouver une tenue correcte, qui ferait " fille très sérieuse ". Le truc, c'est que je ne suis pas sérieuse. Mais alors pas du tout. Cependant je réussi à trouver une jupe noire qui descend au genoux ainsi que des lunettes noires carrées qui me rendent plus ou moins sérieuse. Même si je n'ai aucun problème de vue, je suis bien obligée des les porter. Je vois flou dedans mais ce n'est pas grave, je m'en débarrasserai dès que je serai engagée. Puis, il faut me trouver une coiffure adéquate. Une queue de cheval: sérieux mais joli. Après avoir bien coiffé mes cheveux drus, je me fais cette queue de cheval en manquant de laisser un de mes doigts dans l'élastique. Puis, je mets une chemise blanche toute simple avec par dessus un veston gris. Dieu que j'ai l'air sérieuse ! Comme touche finale : les chaussures. Je choisis des escarpins noirs sobres que tout le monde adore. Me voilà prête à jouer la Marry Poppins des temps modernes, sauf que pour moi, il n'y aura pas d'échappatoire grâce au fameux parapluie.

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# Postato venerdì 06 giugno 2008 16:30

Modificato venerdì 06 giugno 2008 16:48

4#Episode 3: It's been a hard day's night and i've been working like a dog.

♪  4#Episode 3:  It's been a hard day's night and i've been working like a dog.
Après une bonne nuit de sommeil... Enfin, nuit n'est pas le mot exact. j'ai passé ma soirée à m'entraîner à babysitter sur des poupées. Non, je ne suis pas retardée. Juste en manque d'expérience avec les enfants. Dès qu'ils me voient, j'ai le droit à pleins d'insultes de leur part. Qu'est ce que c'est ingrat un enfant quand on y pense. Bref, une fois prête je vais au rendez vous que mon futur employeur m'a donné. C'est à Covent Garden. Parfait. Je pourrais faire du shopping. NON ! Pas de shopping. Aujourd'hui Emmy a décidé de prendre une nouvelle voie, d'être économe, droite, gentille, enfin parfaite. Donc, aujourd'hui, je vais me contenter de ce que j'ai. Donc, ceci rime avec privation. C'est horrible, je le sais. Mais il est temps de me prendre en main. Sinon, je vais finir sous London Bridge avec les SDF. Et j'ai mieux à faire. Bon, maintenant, je dois prendre le bus. Le truc c'est qu'il n'y en a pas avant une bonne vingtaine de minutes. Je vais devoir marcher. Ça va être très compliqué mais je vais le faire. Je peux le faire. Mais..il pleut. Oh et puis tant pis, j'aime la pluie. Enfin bref, je n'ai pas le temps de chanter " Singing in the rain " - bien que j'aimerai -. Je suis actuellement en train de courir au lieu de marcher, il faut dire que je suis en retard. Courir avec des talons, c'est pas le pied, croyez moi. Un peu plus et je vais tomber par terre. En plus, il n'y aura personne pour m'aider. Qui a envie d'aider une Susan de Mayer de service qui n'est même pas fichue d'arriver à l'heure ? Et puis, la catastrophe journalière arrive à grand pas. Une mme une fille brillante, mariée et follement amoureuse de son canon de mari. C'est beau les rêves. Bref, je m'avance devant lui, oubliant un instant mon piteux état. Il affiche un sourire indulgent, confiant et très chaleureux. Ne pourrait il pas être un chieur fini ? Au moins ça me ferait une raison de le détester. C'est très mal parti. Je m'installe en face de lui. A l'heure actuelle, mon visage doit avoir tourné au rouge vif. On dirait une ado qui tombe amoureuse de son prof ( si ça existe). Je suis absolument pitoyable. Il me regarde, et me dit, d'une voix terriblement..sexuelle. C'est le mot.
- Vous êtes bien Emma ?
AAAAAAH. J'ai vraiment très envie de lui dire : " NON, je suis la femme de ta vie " Mais vaut mieux pas.
- Tout à fait. Vous devez être Monsieur Stewart ?
- Oui c'est bien moi. Comment allez vous, vous avez l'air mal en point...
- Ah mais non, pas du tout ! Je suis très en forme. J'adooooore la pluie.
Mon dieu, mes mensonges sont gros comme une maison.
- Tant mieux alors. Bon, j'ai parlé avec ma femme et nous avons décidé de parler avec vous, de votre " mission ".
J'ai très envie de faire des sous entendus face à sa remarque, mais je m'en garde. Si il me prend pour une perverse, il aura peur pour ses enfants.
- Très bien je vous écoute..
- Nous avons 2 enfants, Matthew qui a 5 ans et Chelsea qui a deux ans. Vous verrez, ils seront sages.
Je ne suis pas la seule à mentir décidément. Oh mon semblable, mon frère !
- Ok ! Je suis sûre qu'il m'adoreront !
- Mais biensur, comment ne pas vous aimer Mlle ... ?
Est-ce une déclaration ? Malheureusement non. Il faut pas non plus rêver.
Je lui fis un petit sourire sur le coup, et maintenant, j'ai l'impression qu'il est vraiment entrain de tomber amoureux de moi. Mais non, je veux dire, qui m'aimerait ? Surtout dans l'état déplorable où je me trouve actuellement.

- Euh...Merci
- Je vous en prie. Ce n'est que la vérité. Alors, pour les horaires, quand êtes vous libre ?
Un peu tout le temps, je suis au chômage, ne négligeons pas ce détail troublant et inhabituel. Ironique biensur.
- C'est quand vous voulez...
Zuuuut, le ton que je viens d'employé n'a rien de professionnel. Je me rattrape en affichant un sourire tout à fait normal. Sans sous entendus. Il me regarde, étonné, puis finit par dire :
- Euh oui..biensur. Mlle Bishop, vous commencerez demain, à 16h. Cela vous va ?
- C'est parfait.
Puis le rendez vous s'est fini. Je suis rentrée. Au anges. J'ai envie de sauter partout. Olala dire, que je viens de rencontrer le prince charmant. Il avait un look cool, assez jeune, limite rebelle sur les bords. Son visage était si paisible, si reposant. J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi beau dans ma vie. A part dans les films biensur.
J'ai comment dire, hâte d'être demain.


J'y suis. Il est 16 heures. Quelqu'un vient m'ouvrir. C'est une jeune femme d'une trentaine d'années, surement la femme du prince charming. Elle n'a rien de charmant par contre. Non seulement sa stupidité est perceptible à vue d'oeil mais de plus elle ressemble à...rien. Autant dire que je n'ai pas beaucoup de concurrence. Attendez, pourquoi les hommes n'aiment que les morses ou les chameaux ? Moi je n'ai rien d'un animal de zoo, voilà pourquoi je suis célibataire. Il fallait s'y attendre. La jeune femme renifle - très distingué - puis m'adresse un " bonjour " coincé. J'ai très envie de lui apprendre les bonnes manières, mais à quoi bon ? Autant la laisser dans cet état, son mari va bien s'en rendre compte. Quel Dieu celui là. Bon, Emmy calme toi, tes hormones n'en peuvent plus. J'entre. La maison est un vrai foutoir. Et je pèse mes mots. Tout est mal rangé. Surement la faute de la truie. J'espère qu'ils ne comptent pas me faire faire le ménage, je ne sais même pas comment faire marcher un aspirateur. Enfin, je le savais, dans le temps. Une petite fille coure vers moi, cela doit être Chelsea. Elle est absolument ravissante, avec ses grands yeux verts et ses cheveux châtains bouclés. Elle tient sa beauté de son père, pas de son laideron de mère. Matthew arrive, sur un vélo. Depuis quand les enfants ont le droit de faire du vélo dans une maison ? C'est du grand n'importe quoi ici. En même temps, pardonnons ces enfants, ils vivent avec une baleine. Ca doit pas être facile. Matthew a l'air vraiment mesquin, mais il me fait la bise. Un peu baveuse, mais c'est l'intention qui compte. J'ai vraiment envie de le serrer dans mes bras, dieu sait pourquoi. Soudain, l'instinct maternel s'effondre sur moi. Je suis prête pour ce job.

Voilà une heure que je les garde. Nous avons regardé quelques dessins animés, rien de bien intellectuel, j'ai eu le droit à Bob l'éponge et ses chansons si subtiles. La mère est partie travailler, bizarre non ? Elle ne travaille qu'à partir de 16 heures..C'est louche. Le père est là, mais apparemment, il travaille ici. Ça serait sympa que je le garde, lui. Chut tais toi cerveau pervers. Les petits sont à côté de moi. Chelsea s'est endormie, on dirait une petite poupée. Matthew joue avec mes cheveux. J'ai bien peur de ne plus en avoir très prochainement. Et là, il apparait. Qui ? L'homme le plus sexuel de toute la planète. J'ai failli défaillir. Il me regarde, puis les enfants. Il porte des lunettes un peu comme des wayfarer, son look est plutôt négligé. Conclusion ? C'est un auteur. En plus il a une cigarette à la main. Eteinte. C'est bon signe. Il passe sa main dans ses cheveux, en nous regardant. Ah suis je entrain de baver ? Surement. Tant pis. Les enfants bavent aussi. Alors Chelsea hurle à son père :

-Papa, t'as vu comme elle est belle Emmy ?
Les enfants sont trop adorables. On dit d'ailleurs qu'ils disent la vérité. Si seulement..
Le papa en question a l'air très gêné. Il affiche un sourire du coin des lèvres, puis finit par dire

- Oui, j'ai vu
Gros silence. OH MON DIEU. C'est le plus beau jour de ma vie. Juste au moment où je m'apprête à lui lancer le regard de la mort qui tue, Matthew tire sur ma manche en me hurlant dans les oreilles :
- C'EST QUI TON AMOUREUX EMMA ?
Question piège. Dois je dire la vérité ?
- J'ai un amoureux.
- C'EST QUI ?
En même temps, ce que j'ai dis n'est pas faux. Je suis juste en extase sur le père de Matthew, mais bon, je ne vais pas lui dire.
- Tu ne le connais pas.
Il est toujours là, à me regarder. Je fonds comme du chocolat face à lui. Il finit par prendre Chelsea dans ses bras, à la serrer fort contre lui. La chanceuse. Matthew vient me faire un câlin également. J'ai l'impression que ce sont mes enfants et mon mari. Impression qui partit vite en fumée...


Le lendemain, je pars faire du shopping. Je dois m'acheter de nouveaux sous vetements. Bien que je n'ai personne à séduire. Quoique. Une fois dans la boutique, j'essaie pleins d'ensembles, quand soudain, je tombe sur quelqu'un. Ah non, pas celui là. Oui, me voilà face à face avec le pervers du café. Il me dévisage. Alors, option numéro un, je l'étrangle avec le premier string à ma portée. Option numéro 2, je l'évite. Option 3, je lui donne une claque. Quel dilemme. J'aimerai bien l'étrangler. Bon finalement, je me retourne et fait comme si je ne l'avais pas vu. Ouf. Vite, sortez tous du magasins, le malade à la tache de jus d'orange est revenu. Bon et bien, finalement, je n'ai ni sous vêtements, ni rien du tout. Je n'ai rien gagné. Après quelques flâneries dans Oxford Street, je me décide à aller chez Hamley's. C'est le plus grand magasin de jouet d'Angleterre et surement d'Europe. Oui, je n'ai plus l'age pour faire joujou - quoique. Je viens pour acheter un cadeau aux enfants. Pour leur faire plaisir. Enfin, en vérité, c'est pour m'attirer les faveurs du père. Si seulement.. Au final, je leurs ai acheté 2 petits oursons tout doux, mais franchement hors de prix. En même temps, l'homme de ma vie est à portée de main, autant investir dans notre future relation n'est ce pas ? Ma carte bancaire va exploser. Vaut mieux ça qu'autre chose.

Le soir même, je suis chez les Stewart. Le père s'appelle Jake. Heureusement que les petits sont là pour ce genre d'information. Actuellement je suis en train de les laver. C'est comment dire ? Digne d'une Mission Impossible ou d'un épisode de James Bond. Les deux petits bout de chou se sont transformés en monstres tout droit sortis d'un livre de Stephen King. Une fois lavé, et séchés, je les ai mis dans leur lit. Evidemment, j'ai le droit à des hurlements, des pleurs dramatiques et des ricanements. Et puis finalement, ils se sont endormis. J'ai pris soin de glisser les oursons sous leurs oreillers. Je descends les escalier quand je tombe nez à nez avec Jake alias papa sexuel par excellence. Qu'est ce qu'il est beau ce soir. Nous sommes presque collés l'un contre l'autre, involontairement. Comme des aimants. Il me regarde, et là, j'ai l'impression que je vais lui tomber dessus. J'espère que non. Mourir tragiquement, comme ça ? Non merci. Il finit par me laisser passer, avec beaucoup de galanterie. Lorsque, je finis par me prendre les pieds au niveau de la dernière marche. Voilà, je suis fichue. Je l'entends courir pour m'aider à me relever. Il me prend la main, la sienne est tellement : douce et presque sensuelle à vrai dire. Il me demande si ça va. Mon coeur bat à toute allure. Mes yeux vont exploser, mon cerveau n'en peut plus. J'ai très mal à la tête. Alors, je finis par lui dire que j'ai une migraine. Il ne trouve pas ça étonnant, il me dit que c'est à cause des enfants surement. Puis, il me PORTE jusqu'à la chambre d'invité. Oui, j'ai bien dit PORTE. Ce bonheur est de courte durée. Sa femme arrive à grand pas, et me beugle dessus :

- Qu'est ce qu'elle a celle là ?
Et puis tout d'un coup, j'oublie cette lourdingue. Il est là. Et il m'a porté. Comme une princesse. C'était aussi génial que le concert des Beatles à l'Olympia ou que le premier pas sur la lune. Aussi extraordinaire que le moondance de Michael Jackson ou que les costumes de Scarlett dans Autant en emporte le vent. Magi-que.

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# Postato venerdì 08 agosto 2008 13:40

Modificato venerdì 08 agosto 2008 15:08

5#Episode 4: All the lonely people, where do they all come from ?

♪  5#Episode 4:  All the lonely people, where do they all come from ?
Me revoilà chez moi. J'ai une grande envie d'appeler quelqu'un, pour raconter mes aventures palpitantes. Il faut dire qu'en ce moment, ma vie est digne d'un conte de fée. Il y a la sorcière au physique déplaisant, le prince charmant et puis le chateau. Qui s'avère être plus un souk marocain qu'autre chose, mais conservons l'illusion. Qui pourrais-je appeler..Lizzie ? Oh non, elle va encore me raconter un truc génial qui lui serait arrivé aujourd'hui, du genre qu'elle a croisé Paul Mc Cartney sur Oxford Street et qu'il lui a chanté Hey Jude pendant une demi-heure. C'est beau les rêves. Bref, je n'ai personne à qui me confier. Il me faut des amis. PLEINS D'AMIS. Les seuls qui pourraient être mes amis seraient les junkies de Camden Market. Mais je tiens à parler à des gens normaux, aux conversations normales autre que " où tu as acheté ce joint là ? ". Je sais, j'ai besoin d'un ami de la gente masculine. Il faut qu'il ne soit pas good-looking car sinon ça ne va pas rester de l'amitié, on la connait la Emmy. Mais comment vais-je tomber sur l'ami parfait, celui à qui je pourrais me confier, parler de mode, de chaussures, de sexe. En faites, ça correspondrait plus à une amie ça. MAIS NON IL ME FAUT UN AMI. Bon, je constate que la seule solution est de me trouver un ami homosexuel. Il pourra me conseiller, et je ne serai pas tentée par lui - normalement. Où est ce que je pourrais le trouver ? A Soho. Bon, il est un peu tard là, si j'y vais, je vais me faire agresser par un descendant de Jack l'éventreur. A moins qu'il ne ressemble à Johnny Depp, je n'en ai pas très envie. Voilà, j'ai ma fin de soirée devant moi, à me délecter de ce qui s'est passé quelques heures plus tôt. C'est vraiment horrible finalement, d'être amoureuse de son patron. Surtout quand il est marié à une vache. Elle est atroce. Je ne le comprends pas. Il pourrait sortir avec une bombe et il est avec cette chose dégueulasse qui ressemble à tous les animaux imaginables. Il faudrait qu'on m'explique. Je ne comprends rien aux hommes, et ça ne va pas changer. Alors, je m'affale sur mon canapé, et ouvre la télévision. Je tombe sur la BBC, on voit un couple très amoureux à Paris, en train de s'embrasser. Merci, vu mon état, je ne préfère pas voir des gens heureux. Je préfèrerais voir un bon film d'horreur. Mais il n'y en a pas. Ce soir, tout est très peace&love à la télé. Surtout love. Et cela me rappelle que je suis seule. Je pourrais ne pas l'être si il n'y avait pas un mammifère marin dans l'histoire. Finalement, je tombe sur Massacre à la tronçonneuse. Ça me donne des envie de meurtre mais je vais essayer de les contenir. Et puis, au lieu de regarder cette boucherie, je m'endors. Cette nuit, mes rêves sont intéressants dirons nous. Dans ce fameux rêve, la femme de Jake est devenue reine d'Angleterre. Elle se tape le prince William et le prince Harry, et en même temps. Hum sympathique. Son mari ne le sait pas. Et puis, un jour, elle sort de Buckingam Palace et paaaaaf elle se prend un boulet de canon en pleine figure. Tout le monde pleure la reine. Mais qui a déclenché le canon ? MOI BIENSUR. Enfin dans le rêve malheureusement. Je me réveille en âge. Tuer un mammouth doit être fatiguant il faut croire. Je me lève, et décide à mettre en pijama. J'enfile un vieux tee-shirt d'un concert des Who et me glisse dans les draps glacés de mon lit. Alors que je commence à dormir paisiblement, quelqu'un sonne à la porte.
QUEL EST LE CONNARD QUI ME REVEILLE EN PLEIN SOMMEIL ? J'ai envie de me saisir d'une hache et de faire un petit remake de Shinning, mais je m'en garde. Je ne veux pas croupir en prison. Ca doit surement être la voisine qui veut me raconter sa vie. Je regarde un instant ma tenue négligée, mais je me dis qu'elle me pardonnera. Ok, je ne suis pas au comble de la mode avec ce tee-shirt mais les Who restent les Who n'est ce pas. Si elle n'est pas contente, je la jette par dessus le balcon. Je m'empresse d'aller ouvrir. Grave erreur. Enfin pas tellement au bout du compte. Enfin dans un sens si. Bref, qui est là ? OH MON DIEU. NON. Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ? Me voilà, débraillée au possible, avec les cheveux en pétard, le mascara qui a coulé
devant..Jake. Mais qu'est ce qu'il vient faire chez moi ? Surement pour me demander un service. Mais à cette heure ? Il a l'air vraiment triste. Il me dit, d'un ton complètement désespéré :

- Je peux entrer ?
J'ai bien envie de lui répondre : " Oui, tu peux entrer où tu veux ". Mais je me garde de cette réflexion vraiment très perverse.
- Oui, biensur.
Je referme la porte derrière lui. Il regarde ma tenue, étonné. Je me sens un peu gênée là, je ne suis pas à mon avantage. Je fais tout pour lui plaire et il tombe sur moi, là en pleine nuit. Pour briser le silence, je dis:
- Ça n'a pas l'air d'aller..
- Oui, c'est ma femme..
Je le savais ! Il vient de se rendre compte que sa femme était un phoque échoué venu de la banquise et que j'étais la femme de sa vie.
- Qu'est ce qu'elle a fait cette..p..?
J'essaie de me rattraper. ARGH.
-cette..cette..princesse de la beauté ?
Voilà tout ce que j'ai trouvé. BRAVO EMMY. En plus je suis tout sauf crédible.
- Je pense qu'elle me trompe.
Dans mon cerveau, clignote un néon indiquant " MAIS QUELLE DEUMEUREE, TROMPER CETTE BOMBE ? ELLE A VRAIMENT AUCUN GOUT " Finalement, je choisis une réplique un peu plus subtile:
- Mais non, pourquoi vous tromperait-elle ? Venez installez vous sur le canapé. Je vais vous faire un petit café, et vous allez tout me raconter.
C'est le comble, je sers de psy' à mon patron. Je vais vite lui faire comprendre que sa femme est inutile sur cette planète et que c'est moi la bonne. Il me fait un petit sourire triste. J'ai bien envie de le consoler- ne voyez rien de pervers dans cette phrase, merci (vous avez l'esprit presque aussi mal tourné que moi j'en suis sûre) Aussi vite que possible, je lui prépare un café. Je ne sais même pas me servir de cette foutue cafetière. Bon, j'arrive quand même à lui préparer mais il y a beaucoup d'eau la dedans. Et peu de café. Tant pis. Je lui apporte, essayant de ne pas le renverser sur le tapis ou encore pire sur lui - oui ça m'est déjà arrivé ce genre de catastrophes. Et puis, je m'assois à côté de lui. J'ai envie de tenter un geste amical, mais me connaissant, ça serait un peu plus qu'amical. Je dis alors:
- Pourquoi vous pensez ça ?
- Je ne sais pas, elle est différente. Je ne sens plus désir entre nous.
Olala NON, je ne veux pas faire la conseillère sexuelle de service.
- Ah. Euh...Mais ça arrive à tous les couples ça...
J'essaie de trouver des petites phrases de psy' mais ça sonne terriblement faux. Il dit alors:
- Mais avant nous avions une vie sexuelle très active vous savez.
OH MON DIEU. TAIS TOI. JE NE VEUX PAS DE DETAILS. Je n'ai pas envie de cauchemardez durant le reste de mes jours. Olala, dire que celui qui m'emploie me raconter sa vie sexuelle. C'est atroce. J'essaie de dévier la conversation:
- Ah. Ça va rentrer dans l'ordre. Vous avez une idée de celui avec qui elle vous trompe..enfin avec qui elle vous tromperAI ?
- Non.
- Vous savez quoi Monsieur Stewart? Son désir pour vous va reprendre, c'est une période de passage à vide. Bientôt vous serez plus amoureux que jamais. Elle ne vous trompe pas, j'en suis sûre.
Mais là, je me rends compte que je suis une idiote. Si je veux une chance avec lui, il ne faut pas que je l'encourage à ne plus avoir de doutes. AU CONTRAIRE. Il faut le convaincre qu'elle le trompe et que il doit faire de même. J'ai enfin trouvé la solution.
- Que dois-je faire ?
- Vous savez quoi ? Tout compte fait, j'ai changé d'avis. Elle vous trompe. Elle s'ennuie. Elle va voir ailleurs - c'est typique des femmes ça, Jake. Enfin pardon Mr Stewart. Ce que vous devriez faire, c'est lui rendre l'appareil, la tromper aussi.
- Vraiment ? Mais les enfants ?
- Elle n'y a pas pensé quand elle vous a trompé. Vous n'êtes pas obligé d'y penser non plus.
- Mais avec qui pourrais-je la tromper ?
- Je sais pas une inconnue. NON NON PAS UNE INCONNUE. Quelqu'un que vous appréciez, avec qui vous parlez, pour laquelle vous éprouvez une attirance folle !
Je parle de moi là en fait.
- Je ne connais personne comme ça.
Là, j'ai une grande envie de pleurer. Je le regarde, les larmes aux yeux. Je dois ressembler à Bambi à l'heure actuelle. J'essaie de changer de sujet:
- Vous êtes venu, à cette heure aussi tardive pour me parler de vous et votre femme alors qu'on en se connait à peine ? Je ne comprends pas bien votre démarche..
- Je sens que vous êtes de bons conseils, vous avez dû connaitre des situations de ce genre. Et puis, je n'avais personne à qui parler. Vous êtes la seule personne que je connais avec qui j'aime converser.
C'est gentil. Mais pas encore assez à mon goût.
- C'est vrai que je m'y connais. C'est gentil d'avoir pensé à moi. Je peux faire encore quelque chose pour vous ?
- Voilà, je n'ai pas envie de rentrer ce soir..
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Je veux lui faire croire que je la trompe..
MAIS NON NE LUI FAIS PAS CROIRE. FAIS LE VRAIMENT AVEC MOUAAAAAAA. NIARK. Cerveau, s'il te plaît, tais toi.
- EXCELLENTE IDEE. Avec qui ?
- Avec vous.
J'ai une grande envie de lui sauter dessus. Mais je m'en garde. Pas la peine d'aggraver la situation.
- Hum, d'accord.
- Merci Emma, vous me sauvez la vie.
- Je vous en prie. Bon,ça ne vous dérange pas de dormir sur le canapé ?
- Non pas du tout.
- J'ai juste une question. Vous allez lui faire comprendre que vous êtes venu ici ? Car sinon, votre femme va me renvoyé, si elle croit que..
- Ah oui, je n'y avais pas pensé. Je trouverais une autre personne en question. En faites, j'ai dis ça parceque j'avais envie de rester chez vous ce soir, j'aime bien votre appart'.
- Euh..merci. Bon attendez, je vais vous chercher des draps.
- Vous êtes adorable, vraiment.
- Mais non,je rends juste service, ça me fait plaisir.
Je vais lui chercher des draps, puis déplie le canapé lit. Avec son aide, nous faisons son lit et il se laisse tomber dessus. J'ai bien envie de l'y rejoindre mais je ne vais pas le violer non plus- bien que j'aimerai. CHUT CERVEAU. Je lui donne sa couverture. Il me dit:
- Merci encore Emma, MERCI POUR TOUT.
- Je vous en prie. Allez, dormez.
Je lui adresse un petit aurevoir -minable- de la main, puis vais dans ma chambre. Ma nuit est atroce. L'homme que j'aime me prend pour sa meilleure amie de service à qui il demande des conseils. En faites, je l'ai trouvé mon ami. Mais ce n'était pas celui que je désirais. J'ai une grande envie de me suicider. Il ne manquerait plus d'écouter "Jealous Guy " à fond la caisse et hop', une balle dans la tête. Mais finalement, je me dis que ça aurait pu être pire. Parfois, l'amitié se transforme en amour. Parfois.

© Texte by me
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# Postato domenica 10 agosto 2008 16:45

Modificato lunedì 11 agosto 2008 16:29